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Officier première classe pour la marine marchande, Alan Louis n’en a pas moins une âme d’artiste. Le dessin est sa passion première qui l’a aidé à traverser les remous d’une première carrière sur les navires. Il veut désormais se dévouer à l’artistique et à l’environnement, prendre le crayon pour faire passer un message : « les animaux sont beaux, regardez-les et protégez-les ».

par Emeline Fabre

Pourquoi peindre les animaux ?

Pour les mettre en valeur, leur rendre leur beauté, attirer le regard par celui des animaux eux-mêmes. Je veux inciter le monde à les voir et à les regarder tels qu’ils sont. Il faut les préserver, en prendre soin. Il n’est pas possible de laisser des espèces disparaître. Je veux faire passer le message que les animaux sont parmi nous, si demain ils ne sont plus là, nous ne sommes plus rien non plus.

Comment est née votre passion pour les animaux ?

J’ai grandi à la campagne dans un village de 800 habitants. Mes parents ont toujours eu des animaux chez eux : chevaux, chiens, chats, chèvres… cette effervescence animale a constitué mon environnement et de là c’est construit ma sensibilité. Les animaux ne parlent pas, du moins ils n’utilisent pas notre langage. Leur présence est le seul moyen qui leur est donné pour communiquer avec nous. J’ai toujours trouvé cela fabuleux, inspirant.

Comment choisissez-vous les animaux que vous souhaitez représenter ?

J’ai une grande passion pour les félins. Ils m’inspirent au travers de leur regard. Ils ont des yeux si expressifs, qui me séduisent.

Si je ne maîtrise pas tout, je possède la technique pour magnifier les poils et les plumes. Quand un animal m’interpelle je me pose la question « vais-je pouvoir le retranscrire ? ». A ce stade je suis surtout axé sur les animaux sauvages mais j’ai le temps pour moi et je pourrai mettre mon talent au service de tout ce qui vie.

Votre exposition « Fragments d’or » à Paris était la première, quels ont été les retours ?

Je n’avais pas prévu que tout allait subvenir si vite. Cela fait seulement deux ans que j’ai trouvé mon idée, les matériaux, que j’ai ficelé mon projet. J’ai eu cette opportunité extraordinaire de faire cette première exposition à Paris. Le succès à été supérieur à celui espéré. Les retours ont été majoritairement axés sur ce que j’arrivais à rendre sur papier au travers de l’animal : « c’est impressionnant l’incarnation des regards, on pourrait presque les toucher, ils pourraient communiquer avec nous ».

Vous attendiez-vous à de telles réactions à la vue de vos œuvres ?

Beaucoup de personnes qui voyaient mes dessins initiaux en photo étaient sceptiques avec la peur pour mes œuvres de tomber dans le versant du « kitch », que le résultat au travers de la simple représentation animalière ne dégage pas grand-chose. Les gens ne se projettent pas avec le portrait d’un animal chez eux et ont beaucoup d’a priori. Mais la mise en scène restituée proposant des vieux cadres et des passe-partout (1) avec l’utilisation de la géométrie incitait le public à se pencher sur l’animal et à vouloir en savoir davantage. J’ai donc réussi à apporter à mes sujets la dimension artistique et esthétique. Je peux ainsi toucher plus de monde à savoir toutes les catégories de personnes, passionnées ou non par la vie animale.

Pourquoi le titre « Fragments d’or » donné à votre exposition ?

L’or vient de la nature et est rare donc précieux. Cela rentre en résonnance avec les vieux cadres dorés que je déniche et restaure. Je trouvais que cela permettrait de magnifier la beauté de l’animal qui est au centre de l’œuvre. Je recycle ainsi ces cadres trouvés délabrés et oubliés dans des brocantes. Ils viennent terminer le dessin, apporter à l’animal sa dimension rare et précieuse. Ces cadres sont comme les animaux, ils ont résisté au temps et à l’abandon.

                    « Des secrets que je laisse au fond de mes œuvres dans leur écrin de vieillesse »

Pourquoi avoir insérer des abeilles auprès des animaux représentés ?

L’abeille est le fil conducteur de chacune de mes œuvres. Sans elle nous ne pourrions pas survivre, il faut la sauver. Elle est donc mise à sa juste place, au-devant. Il y a l’animal et tout autour du blanc, au sein duquel l’abeille peut évoluer.

Qu’est ce qui manque aujourd’hui pour rapprocher le public de l’animal ?

On a tendance à s’éloigner de la nature à cause des écrans. Il y a une grande privation de l’être humain à la nature. N’y ayant accès qu’en de rares occasions (ex. vacances) l’humain la néglige. Je veux donc faire rentrer la nature chez eux, leur donner l’opportunité de la regarder au travers de mes tableaux.

Que ressentez-vous lorsque vous peignez ?

Toutes les émotions dont la peur mais aussi beaucoup l’espoir. J’essaye de trouver le regard qui touche, celui rempli de questionnement : « quel va être leur sort et le nôtre du coup ». Il y a à la fois la tristesse de l’état de la planète mais aussi la joie de ce qui existe toujours. Toutes ces émotions passent ainsi dans mon crayon, ma plume, ma tête. J’essaye de les mettre dans chaque particule, chaque fibre, chaque morceau de pigment pour que le public les ressente à la vue de l’œuvre.

                     « Je vois chez vous cette vie débordante que je crée avec adoration »

Comment faites-vous pour vous inscrire dans la modernité au travers de vos œuvres ?

Pour moi la modernité signifie quelque chose qui n’a pas encore été fait et pourrait plaire. En partant de ce constat j’apporte de la fraîcheur et un brin de contemporain. La modernité je la mets dans le dessin, les matériaux utilisés. Je me documente beaucoup, je lis, je m’intéresse à ce que les autres artistes font. Les couleurs et les maries-louises que j’utilise sont uniques. J’intègre aussi beaucoup de lignes, de géométrie avec la volonté de casser certains codes. En effet, pourquoi le dessin dans le cadre devrait-il être forcément carré ? Les animaux sont parfois cachés en partie ou dépassent sur la marie-louise avec la volonté d’ouvrir l’esprit du spectateur.

Quels sont vos prochains projets ?

Ma prochaine exposition pourrait se situer à Lisbonne mais aussi à Paris au printemps 2020. En effet j’y ai un atelier. J’ai créé ma marque Alan Louis Paris et je pourrais proposer au public des accessoires et objets.

Et si vous étiez un animal, lequel seriez-vous ?

Un puma, un tigre, un lion ? Mais aussi un oiseau… Et pourquoi pas un lion avec des plumes ?

(1) En encadrement le passe-partout est utlisé pour encadrer des toiles et se place avant la baguette choisie. C’est un cadre à part entière assez neutre de couleur blanche ou coquille d’œuf qui peut être souligné d’un liseré doré ou d’argent.

Interview à retrouver www.esopelia.com

20 SEPTEMBRE 2019

EXPOSITION
FRAGMENTS D'OR

 

 

03 MARS 2019

Je suis heureux de débuter mon parcours artistique dans la ville de Paris avec une première exposition au cœur d’un bâtiment rempli d’histoires et magnifiquement rénové dans un esprit loft. Un contexte intimiste pour démarrer et une mise en scène un peu particulière pour amener la nature au devant des coeurs sensibles.

DU 12 AU 14 AVRIL 2019

ART ARTISTIQUE

Ouverture de la galerie en ligne en attendant la suite avec impatience toujours. Créer, pour moi, c’est vivre.

Depuis des mois, des années, dans ma tête, il s’agit de penser un projet. Penser quelque chose d’unique, quelque chose de beau, de profond, entre la terre et l’or. Hors des normes, des frontières, destructuré subtilement. D’autres lignes. Vieux déjà mais jeune encore, je déroule sous l’envie d’ouvrir les yeux du monde. Des paysages, je rêve… des pierres sur lesquelles des fois je m’allonge, je pense et vagabonde. Sur un coin de ciel mon esprit glisse. Et soudain, reviennent ces fragments d’or qui caressent le sable et me font pressentir l’écorce cachée d’un monde si beau que l’on a cessé d’admirer trop souvent.

 

J'aimerais que de ce monde là, vous touchiez les murs intacts et le relief que j’invente pour écrire un morceau de l’histoire et retourner dans l’été plein d’espoir d’un temps déjà presque envolé.

30 NOVEMBRE 2018

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